Prise de position sur les soins virtuels

Dernière mise à jour : mars 2026

Position de la Société médicale du Nouveau-Brunswick


La Société médicale du Nouveau-Brunswick (SMNB) reconnaît les soins virtuels comme un outil important pour les fournisseurs de soins de santé. Récemment encore, la pandémie de COVID-19 a clairement montré que ces soins constituent un moyen efficace d’améliorer l’accès pour les patients, par l’élimination des obstacles géographiques et l’accès facilité aux soins de santé mentale. Tout aussi utiles aux patients à mobilité réduite, les soins virtuels offrent un accès plus adapté et plus rapide aux soins, ce qui permet de réduire les temps d’attente pour certains services.

La SMNB recommande :

Que les soins virtuels deviennent permanents, en tant que service assuré par l’Assurance-maladie du Nouveau-Brunswick.

Que les médecins soient libres de décider quand recourir aux soins virtuels et selon quelles modalités, y compris de façon asynchrone, par courrier électronique sécurisé ou par messagerie texte, conformément à la norme professionnelle relative aux soins virtuels du Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick[1].

La SMNB reconnaît les limites des soins virtuels par rapport à la norme idéale, à savoir les soins en personne, et convient qu’il n’est pas acceptable d’exercer exclusivement virtuellement. Il n’en reste pas moins que de disposer d’une option virtuelle fiable en matière de soins primaires dans le cadre de l’approche de Centre de médecine de famille présente des avantages majeurs[2]. Comme l’a montré la pandémie, l’élargissement de l’accès des patients aux médecins par l’entremise des soins virtuels améliore l’accessibilité et la rapidité de service. Dans le cadre de ce modèle, l’approche actuelle de la rémunération des soins en personne et virtuels, quel que soit le mode, devrait être maintenue, les médecins demeurant libres de décider quand ils souhaitent recourir aux soins virtuels ou aux soins en personne.

Contexte


Les soins virtuels, sous forme de télémédecine et de télésanté, font partie du système de santé du Nouveau-Brunswick depuis les années 1990. Ils peuvent être fournis au moyen d’une technologie aussi répandue qu’un téléphone fixe, un appareil mobile, la vidéoconférence ou la messagerie texte; il ne semble pas y avoir de limite à ce que la technologie moderne offre comme solutions en matière de prestation. Ces soins évoluent et en sont rapidement venus à faire partie intégrante de notre mode de vie axé sur l’utilisation d’appareils.

Les soins virtuels ont pris de l’importance pendant la pandémie de COVID-19, lorsque les politiques du gouvernement provincial, dont la distanciation sociale et les mesures de protection de la santé publique, ont rendu impossibles de nombreuses interactions en personne. Au début de la pandémie mondiale, le gouvernement provincial s’est empressé de mettre en place un système virtuel permettant aux patients d’accéder rapidement aux soins nécessaires auprès de leurs médecins, sans avoir à se déplacer en personne. Une note de service de l’Assurance-maladie du Nouveau-Brunswick a été adressée aux médecins, les informant de la création d’un nouveau système qui permettrait :

  • la transmission aux médecins de directives de facturation;
  • les visites virtuelles de routine ou de suivi par « téléphone ou autre média numérique », en remplacement des rencontres habituelles en personne;
  • la facturation des soins virtuels selon les codes de psychothérapie et de soins psychiatriques.

En l’absence de changement concret au cours de cette période, les soins virtuels demeurent considérés, au Nouveau-Brunswick, comme un service non assuré, conformément aux notes de service originales de l’Assurance-maladie, en mars 2020.

En vertu de l’Entente de principe sur les services de médecin 2025-2029, cependant, les soins virtuels deviendront un service assuré par le régime d’Assurance-maladie du Nouveau-Brunswick.

Groupe de travail sur les soins virtuels

Un groupe de travail sur les soins virtuels a été constitué en vertu de l’Entente-cadre sur les services de médecin d’avril 2020, afin de créer un nouveau cadre pour les soins virtuels au Nouveau-Brunswick. Le groupe se compose de représentants du ministère de la Santé, des régies régionales de la santé, de la SMNB et du Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick.

Le groupe de travail a recommandé la définition suivante des soins virtuels :

« Toute interaction avec les patients et/ou membres de leur cercle de soins ayant lieu à distance, au moyen d’une forme de technologie de l’information ou de communication, dans le but d’améliorer ou d’optimiser la qualité et l’efficacité des soins aux patients, lorsque cela s’inscrit dans l’intérêt supérieur de ceux-ci. Les soins virtuels doivent être utilisés pour optimiser et compléter les soins en personne. Il n’est pas acceptable de pratiquer uniquement la médecine virtuelle. »

La SMNB appuie cette définition des soins virtuels et recommande qu’elle soit utilisée comme principe fondamental pour les programmes de soins virtuels au Nouveau-Brunswick.

Analyse


Commentaires des patients

Les sondages menés auprès des patients montrent que ces derniers apprécient l’idée des soins virtuels, et semblent se sentir à l’aise d’y accéder[3]. Les soins reçus paraissent satisfaisants, 80,5 % des patients ayant indiqué que leurs problèmes de santé avaient été « traités avec succès », tandis que le taux de satisfaction globale dépassait 83 %[4]. Le principal avantage des soins virtuels cité par les médecins et les patients est l’amélioration de l’accès pour les patients, qui peuvent ainsi communiquer avec les fournisseurs de soins de santé en ligne ou par téléphone et recevoir plus facilement des soins, sans avoir à se déplacer ou à patienter longtemps dans une salle d’attente. Étant donné cet avantage, les soins virtuels se sont rapidement intégrés à nos systèmes de prestation de soins de santé.

Législation pertinente


Loi sur le paiement des services médicaux

Règlement du Nouveau-Brunswick 84-20 pris en vertu de la Loi sur le paiement des services médicaux

Historique


Présenté au comité des questions économiques le 22 octobre et le 25 novembre 2025

Présenté au conseil d’administration de la SMNB le 5 décembre 2025

Soumis aux commentaires des membres de la NBMS du 12 janvier au 9 février 2026

Approuvé par le Conseil d’administration de la NBMS le 27 mars 2026

[1] Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick. Norme professionnelle : Soins virtuels.
https://cpsnb.org/fr/pour-les-medecins/normes-professionnelles/normes-professionnelles/1054-soins-virtuels

[2] OPUS MD. Faire progresser les soins primaires : le modèle de Centre de médecine de famille pour les patients au Nouveau-Brunswick.

[3] Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick. Services de soins virtuels. Données relatives à la capacité des patients à accéder aux soins virtuels et à la fréquence des consultations virtuelles (2023). https://csnb.ca/donnees/parcourir/tableaux-de-donnees

Services de soins virtuels | Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick : 79 % des patients se sont dit en mesure d’accéder aux soins virtuels lorsqu’ils en avaient besoin (2023), et 44,6 % ont déclaré avoir eu une consultation de soins virtuels au cours du dernier mois (2023).

[4] Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick. Services de soins virtuels. Résultats rapportés par les patients eux-mêmes et satisfaction à l’égard des services de soins virtuels. https://csnb.ca/donnees/parcourir/tableaux-de-donnees

Personne-ressource

Jamie Yeamans, spécialiste des politiques et des questions économiques, Société médicale du Nouveau-Brunswick : jyeamans@nbms.nb.ca