Prise de position sur la consommation d’alcool

Dernière mise à jour : novembre 2025

Position de la Société médicale du Nouveau-Brunswick


Il n’existe aucune quantité d’alcool qui soit « sécuritaire », et toute réduction de la consommation est bénéfique.

Recommandation


La SMNB recommande de plaider en faveur d’un renforcement des politiques visant à réduire la consommation d’alcool des Néo-Brunswickois. Il est important de sensibiliser ceux-ci aux risques pour la santé de la consommation d’alcool.

La SMNB recommande plus précisément de sensibiliser davantage les Néo-Brunswickois au risque de cancer lié à la consommation d’alcool. La mise en œuvre d’une stratégie provinciale en matière d’alcool et l’obligation de diffuser des messages sur la santé et la sécurité dans tous les points de vente d’alcool contribueraient à cet objectif.

Contexte


Effets de l’alcool

La Société canadienne du cancer souligne que « le Centre international de recherche sur le cancer classe l’alcool parmi les agents carcinogènes (substances qui causent le cancer) du groupe 1 [et il s’agirait d’une des trois principales causes de décès par cancer dans le monde].

Boire tout type d’alcool – bière, vin ou spiritueux – fait augmenter votre risque d’au moins neuf types différents de cancer (bouche, colorectal, estomac, foie, larynx, œsophage, pancréas, pharynx et sein).

Les données probantes montrent qu’une consommation régulière d’alcool au fil du temps, même en faible quantité, fait augmenter le risque de développer un cancer associé à l’alcool[1]. »

Campagnes de la SMNB

En janvier 2023, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS) a publié les nouveaux Repères canadiens sur l’alcool et la santé, qui succéderaient aux Directives de consommation d’alcool à faible risque du Canada de 2011. En réponse à ces changements, la SMNB a lancé Boire consciemment, vivre plus sainement, une campagne de sensibilisation modernisée qui met en évidence les risques pour la santé associés à la consommation d’alcool[2].

En août 2023, la SMNB a lancé une campagne de sensibilisation de plus vaste portée (Le choix vous revient. Connaissez les risques.) qui met en garde les Néo-Brunswickois contre les risques pour la santé liés à la consommation d’alcool.

Pour la SMNB, quelle que soit la quantité consommée, l’alcool n’est jamais sans danger. Toute réduction de la consommation est donc bénéfique. Il faut prendre le temps de comprendre les complexités de la consommation d’alcool et ses effets néfastes potentiels sur le corps humain.

Hyperlien : lechoixvousrevient.ca

Consommation par habitant et coûts de l’alcool (2020/2021)[3]

Province Consommation d’alcool par habitant (verres standard) Revenus tirés de l’alcool Coûts des méfaits de l’alcool Déficit net attribuable à l’alcool Perte par verre standard vendu
N.-B. 452 319 M$ 411 M$ -92 M$ 0,30 $
N.-É. 481 432 M$ 652 M$ -219 M$ 0,54 $
Î.-P.-É. 475 70 M$ 131 M$ -61 M$ 0,96 $
T.-N.-L. 540 296 M$ 351 M$ -54 M$ 0,22 $
Canada 487 13,5 G$ 19,7 G$ -6,2 G$ S.O.

 

Analyse


La consommation d’alcool par habitant au Nouveau-Brunswick est inférieure à la moyenne canadienne. Par rapport à ses voisins, le Nouveau-Brunswick fait également bonne figure. Il présente la plus faible consommation d’alcool par habitant de la région de l’Atlantique, et le deuxième plus faible « déficit net attribuable à l’alcool » (perte) par verre standard vendu. Ce déficit est calculé en examinant les coûts sociaux mesurables de la consommation d’alcool dans la province. En 2020-2021, 33 914 visites aux urgences et à l’hôpital liées à l’alcool ont été enregistrées, ainsi que 407 décès attribués à la consommation d’alcool[4]. Ces résultats peuvent être améliorés; la consommation d’alcool entraîne encore d’énormes préjudices sociaux, qui peuvent être réduits.

Le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS) a établi des lignes directrices pour une consommation d’alcool moins préjudiciable. Il a défini le profil de risque suivant : risque « faible » pour ceux qui consomment 2 verres standard ou moins par semaine, « modéré » pour ceux qui consomment entre 3 et 6 verres standard par semaine, et « croissant » pour ceux qui consomment plus de 6 verres standard par semaine, augmentant alors avec chaque verre supplémentaire. Le Centre précise que, pour des raisons de santé, les gens ne devraient pas commencer à consommer de l’alcool ou augmenter leur consommation d’alcool. Toute réduction de la consommation d’alcool est bénéfique.

Solutions


Le gouvernement dispose de plusieurs leviers politiques. Par des stratégies législatives et réglementaires, il pourrait :

  • fixer des niveaux de prix minimaux;
  • hausser la taxation;
  • appliquer des mesures de contrôle en matière de marketing et de publicité;
  • promouvoir de meilleures campagnes de santé et de sécurité;
  • restreindre la disponibilité;
  • revoir l’âge minimum;
  • mettre en œuvre une stratégie en matière d’alcool;
  • améliorer les options de dépistage et de traitement;
  • assurer une surveillance et la production de rapports.

Autres considérations


Les revenus fiscaux du gouvernement du Nouveau-Brunswick ont toujours été largement tributaires de la vente d’alcool par l’entremise d’Alcool NB Liquor (ANBL), une société de la Couronne. Ce type d’entités publiques peut placer le gouvernement dans une situation de conflit d’intérêts, car il dépend fortement de leur rentabilité, et peut facilement en manipuler la rentabilité nette (résultat net) grâce à leur monopole de marché. Toutefois, les liens étroits qu’entretient le gouvernement avec ces sociétés d’État signifient aussi qu’il pourrait, s’il le souhaitait, activer rapidement n’importe lequel des leviers politiques susmentionnés.

Les économistes de la santé ont déterminé que la demande d’alcool est « inélastique », c’est-à-dire qu’elle réagit lentement aux augmentations de prix, du fait de l’absence d’un substitut direct à l’alcool. Il s’agit toutefois d’un paradoxe, car la recherche a également montré que sur le long terme, les taxes s’avèrent efficaces pour réduire la consommation d’alcool. L’élasticité des prix varie selon les produits : par exemple, la demande en bière et en vin réagit différemment (moins) aux augmentations de prix que celle à l’égard des spiritueux (plus grande élasticité). De même, on peut s’attendre à ce que l’augmentation du prix de l’alcool par l’entremise d’une augmentation des taxes entraîne une augmentation des revenus fiscaux, les taxes sur l’alcool étant considérées comme « efficaces »[5].

Législation pertinente


Loi sur la réglementation des alcools du Nouveau-Brunswick

Règlement du Nouveau-Brunswick 90-10 pris en vertu de la Loi sur la réglementation des alcools (Publicité des boissons alcooliques)

Références


Société canadienne du cancer (www.cancer.ca)

Canadian Institute for Substance Abuse Research, University of Victoria https://www.uvic.ca/research/centres/cisur/index.php

National Library of Medicine/NIH

Economic Analysis and Policy Journal : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S031359262200145X

Historique


Présenté au comité des questions économiques le 22 octobre et le 25 novembre 2025

Présenté au conseil d’administration de la SMNB le 5 décembre 2025

[1] Politique en matière d’alcool | Société canadienne du cancer.

[2] Repères canadiens sur l’alcool et la santé | Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances.

[3] CAPE 3.0. Policy Domain Results Summary (uvic.ca).

[4] CAPE 3.0. Policy Domain Results Summary (uvic.ca).

[5] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S031359262200145X https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35661298/#:~:text=Conclusions%3A%20Taxes%20are%20effective%20in,alcohol%20is%20most%20certainly%20inelastic.

Personne-ressource

Jamie Yeamans, spécialiste des politiques et des questions économiques en santé, Société médicale du Nouveau-Brunswick : jyeamans@nbms.nb.ca